Que sait-on de la cybercriminalité au Burundi ?

Habitués à voir des vols, escroqueries dans les rues et autres, de nos jours, les manœuvres changent. Bon nombre de gens se font voler leurs biens soit par les réseaux sociaux, internet, téléphone ou autre support informatique. La cybercriminalité est réelle et cela devient très inquiétant et prend de plus en plus d’ampleur. OP1 Ingrid Gahimbare, chef de service cybercriminalité à la police judiciaire, nous en parle…

 

Qu’en est-il ?

« La cybercriminalité est l’ensemble des infractions qui se commettent au moyen d’un système informatique. Au Burundi, les cas qu’on observe sont ceux liés à l’escroquerie sur internet, sur WhatsApp, sur Facebook, le phishing c’est-à-dire qu’un individu t’amène à lui communiquer tes informations personnelles qui le conduisent à te faire croire qu’il te connait ou qu’il est quelqu’un d’important. De là, tu te sens dans l’obligation de lui donner de l’argent parce que tu le respectes ou pour obtenir un avantage quelconque », explique OP1 Ingrid.

La cybercriminalité fait intervenir également le paramètre hackeurs qui fait la une dans différents pays. « Ceci est un phénomène en pleine expansion parce qu’avec le temps, ces malfaiteurs développent de nouvelles stratégies et on est obligé de suivre leur rythme pour les contrecarrer », fait savoir OP1 Ingrid. Et d’ajouter : « les cas de cybercriminalité sont nombreux puisqu’on peut avoir une vingtaine de plaintes par jour ».

Le Commissaire Général de la Police Judiciaire, CP Manisha Emile, s’exprimant sur différents cas de criminalité au Burundi a indiqué qu’ils sont monnaies courantes. « Par exemple, au mois de janvier de cette année, nous avons été saisis pour un cas d’escroquerie où un groupe de 2 personnes a travaillé avec un détenu à la prison centrale de Gitega. Celui-ci s’est servi d’un téléphone, précisément Facebook se prétendant être Commissaire Général de l’Office Burundais des Recettes(OBR).Avec ce titre et sa photo, il a pu escroquer beaucoup de gens et a pu voler une somme d’argent s’élevant à 7,5millions de Fbu », confie le CGPJ, CP Manisha Emile.

Et de renchérir : « Il y a aussi ceux qui se font passer pour le Président de la République, la Première Dame, le président de l’assemblée nationale, le président du sénat, etc… pour escroquer des gens. Du jour au jour cela devient très dangereux mais nous faisons de notre mieux pour les éradiquer. La police s’active pour s’attaquer à ce phénomène notamment en offrant des formations au personnel du service cybercriminalité ».

Comment l’éviter ?

OP1 Ingrid fait savoir que ce n’est pas facile de s’attaquer à ce genre de crime puisque cela demande beaucoup de moyens humains et matériels. « Nous utilisons des logiciels, des appareils pour traquer par exemple les téléphones volés, qui coûtent vraiment très chers. Nous mobilisons une patrouille sur terrain pour aller mener des enquêtes. C’est pourquoi nous sensibilisons la population à être toujours vigilante dès qu’on leur vole quelque chose d’en informer le service cybercriminalité se trouvant à la Police judiciaire à Bujumbura le plutôt possible », indique OP1 Ingrid.

Signalons que le service de cybercriminalité au Burundi est récent car datant de janvier 2018. Il a été mis en place par la loi organique no1/03 du 20 février 2017 portant missions, organisation, composition et fonctionnement de la police nationale du Burundi. Avant, il y avait le service criminel seulement et c’était difficile de qualifier certains crimes parce qu’ils n’étaient pas du droit commun mais de la cybercriminalité. « Pour ce faire, nous avons dû faire des formations sur la cybercriminalité pour bénéficier des connaissances en la matière », indique OP1 Ingrid.

« Un bien mal acquis ne profite jamais… »

Hélas ! Pour les coupables de cybercriminalité, ils sont punis conformément à l’article 315 du Code Pénal Livre II relatif à l’escroquerie. Cet article énonce une servitude pénale allant de 2 à 5 ans et d’une amende allant de 50.000 à 200.000FBu. Tout dépend des manœuvres utilisées par le criminel.

Fleurette HABONIMANA