LOI N°1/013 DU 22 SEPTEMBRE 2016 PORTANT PRÉVENTION, PROTECTION DES VICTIMES ET RÉPRESSION DES VIOLENCES BASÉES SUR LE GENRE

Article 1 : sans préjudice des dispositions pertinentes du code pénal et du code de la procédure pénale ,la présente loi a pour objectif la prévention ,la protection et la répression des violences base sur genre.

Egalité de genre : Le facteur religieux, l’impensé

Céder à une force supérieure ou une haute autorité est le sens que confère bon nombre de chrétiens burundais au verbe soumettre de cette célébrissime citation de Saint Paul dans son Epitre aux Ephésiens 5:22 : « Femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur.»

L’égalité de genre ne deviendra pas une caractéristique fondamentale de la couche de la société burundaise la plus occidentalisée, aussi longtemps que le facteur religieux prégnant sera escamoté. Toute tentative de raisonnement tombe en mode off lorsqu’il se heurte aux croyances religieuses d’une personne, lesquelles édictent en l’occurrence cette « règle divine du mariage ». Ainsi prévaut la lecture fondamentaliste de la Bible, chère aux forces conservatrices.

Comment faire prévaloir une lecture historiciste de la Bible en phase avec notre modernité ? Ceux qui ne sont pas du côté obscur de la force doivent « donner un sens plus pur aux mots de la tribu » à l’instar du poète Stéphane Mallarmé pour que l’argument religieux – obstacle rédhibitoire pour l’heure – se transforme en allié stratégique. La soumission devrait être comprise comme la forme de respect la plus élevée ou la forme d’amour la plus poussée, laquelle peut atteindre l’ultime sacrifice. Pour tout chrétien, l’exemple de Jésus Christ deviendrait alors la forme la plus sublime de soumission. Il a sacrifié sa vie pour sauver l’humanité, en soumission à son amour des enfants de Dieu. Ce verbe n’impliquerait plus une force supérieure ou une haute autorité, mais consisterait en d’énormes compromis à double sens, en soumission à l’amour qui unit les conjoints.

Tant que le facteur religieux sera l’angle mort du débat sur l’égalité de genre ou en lévitation intellectuelle, tenter d’instiller cette notion dans la relation de couple relèvera de la poursuite du vent. Et cette explication lénifiante pour clore le débat aura toujours cours : «En réalité, lorsqu’une femme est soumise à son mari, c’est en fait à Dieu qu’elle se soumet. Parfois, son mari ne sera pas digne de cette soumission du point de vue humain, mais divin, Dieu a établi l’homme comme chef, et la femme peut avoir confiance en la justesse de la décision divine.»

Campagne Heforshe: plaidoyer pour l’égalité de genre

Une femme sur trois dans le monde est victime de violences physiques et sexuelles, 52% des femmes n’ont pas accès à l’internet. Ces chiffres ont été avancés par l’Onu femmes Kenya, lundi 7 mars, dans le cadre de la campagne Heforshe qui regroupe diverses organisations régionales et internationales luttant pour l’égalité de genre.

«Le but est de sensibiliser les hommes, surtout ceux en position de prise de décisions pour défendre la cause de la femme » a fait savoir Aimé Nzoyihera, Directeur Pays, a. i de Trade Mark Est Africa (TMEA). Ce dernier a signé un acte d’engagement visant le renforcement de la promotion de la femme et la lutte contre les violences basées sur le genre.

TMEA s’est engagé à impliquer ses partenaires dans ce mouvement. « Des audits seront faits dans les institutions et au sein de la Trade mark afin d’intégrer l’égalité de genre», rassure le directeur pays du TMEA.

Signalons que la campagne Heforshe a été lancée en 2014 par l’Onu femmes.

Centre INABEZA : Sensibiliser des Batwa sur les violences basées sur le genre en province Ngozi

Les 22 et 23 novembre 2018, le Centre INABEZA, en partenariat avec le PNUD, a animé des ateliers de formation des relais communautaires des batwa sur les violences basées sur le genre (VBG) dans 5 communes de la province de Ngozi. Pendant 2 jours, les membres de ces relais communautaires ont appris tout ce qu’il fallait savoir sur les VBG autant d’un point de vue médicale que d’un point de vue juridique.

A Busiga, Ngozi et Nyamurenza, Ruhororo, et Mwumba, les relais communautaires de ces communes de la province de Ngozi avaient eu droit durant à 2 jours de formation sur les VBG. Le but étant de sensibiliser les populations batwa. Pour Marie Claire Kezakimana, assistante psychosociale au Centre INABEZA, il était important de venir en aide aux batwa dans la sensibilisation sur le VBG. «  Nous avons constaté que les batwa étaient souvent victime de violence mais ne savaient comment s’en prémunir ou comment faire lorsque ce genre de problème arrivent. Nous avons donc décidé de venir auprès d’eux pour les sensibiliser et leur apprendre comment se prendre en charge en cas de VBG. Savoir ce que sont les VBG et ce que la loi dit à ce sujet ».

Au cours de cet atelier de formation, les participants ont pu prendre connaissance de tout ce qui entoure les violences basées sur le genre. Il s’agissait de savoir en quoi consistent les violences basées sur le genre, des différents types de violence et comment les reconnaitre. Il s’agissait également de connaitre les premiers actes à poser en cas de violence notamment la consultation d’un médecin en cas de violence physique. La formation avait également un volet juridique dans lequel les participants ont été instruits sur les dispositions légales en termes de VBG et les procédures juridiques à entreprendre lorsqu’une personne se trouve confronté à ces violences.

L’activité a vu la participation massive des relais communautaires qui saluent une telle initiative. C’est le cas de Marie MUKESHIMANA qui se dit très satisfaite de la dite formation. «  Cette formation est vraiment importante. Il arrive que des gens dans notre entourage soient victimes des violences mais puisque que nous n’avons pas connaissance de la manière dont nous pouvons l’aider ou même auprès de qui nous pouvons demander de l’aide, ces personnes restent chez elle dans leur souffrance. Avec cette formation, nous avons appris ce que c’était vraiment les VBG, les différents types de violence et comment réagir lorsque cela arrive. Cela nous sera très utile lorsque nous devrons faire face à cela », nous confie-t-elle.

Notons que si la formation se destinait essentiellement aux femmes, de nombreux hommes ont pris part à celle-ci. Ce qui permet également de sensibiliser la gente masculine sur les VBG.

En outre, comme avec la province de Ngozi, le Centre INABEZA compte faire travailler dans d’autre province, telle que la province de Bujumbura et en Mairie de Bujumbura. Le Centre INABEZA s’est donné la mission de lutter contre les VBG. Cela par la sensibilisation, la formation, la prise en charge et la réinsertion des personnes victimes de VBG. Basé à Bujumbura, dans la commune de Carama, le centre prend en charge les personnes victimes de violence en mettant à leur disposition des professionnelles du psychosociale qui font un suivi psychologique et juridique. Il dispose également d’un centre de transit où les personnes ne pouvant pas retourné sont prise en charge pendant un certain temps avant de les ramener chez eux.

« Nous permettons aux personnes d’avoir lieu de tranquillité et de repos puisqu’il est souvent difficile de les renvoyer chez eux lorsque la situation présente un danger pour elles. Nous offrons également des formations selon les capacités de chacun de manière que leur permettre une autonomie et une réinsertion plus efficiente. C’est une manière de travailler à leur développement », nous explique Marie Claire Kezakimana.

Le centre INABEZA continue donc à travailler pour prévenir les populations des violences basées sur le genre quite à les éradiquer.

Moïse MAZYAMBO

L’AFJO lance le prix Genre et Médias édition 2016

L’Association des  Femmes Journalistes(AFJO) a lancé officiellement ce vendredi 12 août 2016 l’ouverture sur la compétition d’un prix genre et médias édition 2016.Cette compétition est ouverte à tous les médias œuvrant au Burundi pour la réalisation d’une action innovante visant l’intégration de la  dimension genre dans les médias. Les cérémonies  d’ouverture se sont déroulées dans les enceintes de la Maison de la Presse.

Dans le but de contribuer à l’amélioration de la place et de l’image de la femme dans les médias burundais, l’AFJO  organise chaque année depuis 2012 le prix genre et médias. Dans les années passées, on primait une meilleure publication d’un Journaliste mais  aussi un organe de presse qui a réalisé des meilleures publications intégrant la dimension genre. Contrairement aux années antérieures, aujourd’hui cette compétition est ouverte aux médias seulement. Ces derniers proposeront une action/activité qui sera primée.

Chaque médium intéressé peut participer dans cette compétition moyennant certaines conditions entre autres avoir un agrément reconnu par le Gouvernement burundais en tant que médium public ou privé. Soumettre une proposition d’activité réalisable dans une période ne dépassant pas deux semaines. Soumettre le budget détaillé de l’action proposée et fournir un support démontrant l’expertise dans la réalisation d’une pareille proposition.

Selon Agathonique Barakukuza, Représentante Légale de l’AFJO, depuis qu’on a commencé à organiser des compétitions pareilles pour montrer la place et le rôle de la femme dans les médias au Burundi, des productions médiatiques allant dans ce sens ont augmenté. Des femmes Journalistes ont été parmi les lauréats de ce prix, ce qui est très encourageant.

Quant à la question de la participation des médias seulement et non aux Journalistes à titre personnel cette année, Mme Barakukuza répond que l’organe de presse a plus d’impact qu’un journaliste car le journaliste quand il travaille, il se limite dans sa zone d’action mais le médium arrive très loin. Le médium peut impliquer tous les Journalistes par exemple.

Mme Barakukuza ajoute que le prix à gagner s’élève à un million de francs burundais. Pour ce, poursuit-il, les propositions à soumettre n’excèderont pas ce montant.

Signalons que le premier prix de ce genre a commencé à être décerné depuis 2012.Pour le médium intéressé, la date limite de dépôt des dossiers est fixé au 25 aout 2016 à 15h30 à la Maison de Presse. Pour plus amples informations, adressez-vous au 71283210/This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

Alexandre NDAYISHIMIYE

Société : La COCAFEM/GL fait appel aux média dans la lutte contre les Violences Sexuelles Basées sur le Genre (VSBG)

La Concertation des Collectifs des Associations Féminines de la Région des Grands-Lacs (COCAFEM/GL) a tenu une conférence, le mercredi 30 Août une conférence de presse sur ses interventions et de ses partenaires dans la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) dans la région des grands lacs.

Organisé sous forme d’atelier, cette conférence réunissait les partenaires de la COCAFEM et  les principaux acteurs dans le secteur de la lutte contre les VSBG au Burundi dont les collectifs membres de la COCAFEM, l’UNICEF, la Coopération Suisse, le ministère de la justice, le CIRGL, le ministère ayant le genre dans ses attributions, le ministère de la défense mais également de nombreux journalistes. Les médias étant les principaux invités de cette conférence.

Le but premier de cette séance était celui de partager les acquis et réalisation de la COCAFEM dans la région des Grands Lacs en matière de lutte contre les VSBG. L’important était de montrer le travail fait par la concertation en près de 16 ans d’existence et leur impact sur les populations ciblée.

Créée en 2001, la COCAFEM est la seul plateforme sous régionale du genre réunissant 11 collectifs issus du Burundi, de la République Démocratique du Congo et du Rwanda et basés sur les VSBG. Cela représente près de 1861 associations repartis dans les 3 pays.

La conférence s’adressant principalement aux professionnels des médias, il était également question de lancer la réflexion sur la capitalisation des espaces des médias sur la question des VSBG en matière de prévention, protection, assistance aux victimes/rescapés et de lutte contre l’impunité des auteurs des VSBG.

Durant la conférence, des intervenants ont exposé sur des sujets directement liés à la lutte contre les VSBG. Ainsi l’Ambassadeur Eliane Mokodoko du CIRGL a donné un bref aperçu sur le mécanisme de collaboration entre les états et la CIRGL dans la mise en œuvre de la Déclaration de Kampala sur les violences sexuelles et basées sur le genre et des protocoles de la CIRGL. Selon l’ambassadeur Mokodoko, il appartient aux états de domestiquer les protocoles et d’en faire des lois pour que celles-ci servent à lutter contre les VSBG.

Idem pour la représentante du ministre de la justice qui a pour sa part parlé de toutes les dispositions légales en vigueur au Burundi en termes de lutte contre les VSBG. Il s’agit là de l’investigation, la documentation, l’administration de la preuve, la procédure pénale et les tarifs légaux des frais de consignation et de justice en matière des VSBG. Elle a tenu à préciser que depuis 2016, la justice burundaise dispose d’une loi spécifique sur les VBSG qui permet de traiter de manière efficace les cas de VSBG aussi dans la prévention que la répression.

Notons qu’un court métrage sur les réalisations de la COCAFEM/GL dans les 3 pays dans lesquels elle opère a été projetté.

Pour Thérèse Ntijinama, présidente de la COCAFEM/GL, les médias jouent un rôle des plus importants dans la lutte contre les VSBG. Cela se fait dans la sensibilisation des populations sur l’existence, la prévention mais aussi le suivi et la prise en charge des victimes de ce qui est un fléau pour la société.

Elle a donc interpellé les journalistes et autres professionnels des médias à accorder un espace médiatique conséquent afin que les populations soient informées sur le sujet. Un message qu’elle espère, recevra une suite favorable de la part des médias. Des médias qui ont promis d’accorder plus d’espace à ce sujet. Mais , ils ont également sollicité plus de communication entre la COCAFEM/GL et les professionnels des médias.

Moïse MAZYAMBO

Bulletin semestriel sur la participation et la représentativité des femmes dans les processus de paix et de sécurité

Rien pour les femmes sans les femmes ! Et voila qu’après la quatrième session, qualifiée de dernière par certains alors qu’aucun accord de paix n’a été signé entre les protagonistes, les femmes se disent insatisfaites de leur représentation et participation parce que les invitations n’ont pas tenu compte de leur volonté de s’impliquer davantage pour apporter une plus-value au dialogue inter burundais. Estimant qu’un conflit politique demande des solutions politiques de la part des acteurs politiques, la facilitation a réservé une place insignifiante aux femmes dans le processus de paix malgré un fort plaidoyer des burundaises. C’est à se demander si la facilitation est, elle-même, sensible au genre !

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